Les textiles modernes présentent une grande diversité en termes de composition, de structure et de traitements chimiques, ce qui pose de grands défis aux systèmes de recyclage.
Les vêtements sont en effet souvent fabriqués à partir de mélanges de fibres naturelles (comme le coton ou la laine) et de fibres synthétiques (comme le polyester, l'élasthanne ou le nylon), dans des proportions variables, même au sein d'une même gamme de produits.
De plus, les textiles sont teints à l'aide d'une large gamme de colorants et de systèmes de pigmentation, ce qui entraîne des niveaux de stabilité chimique et de résistance à l'élimination variables.
Outre la coloration, de nombreux tissus sont également traités avec des finitions fonctionnelles telles que des agents hydrofuges, des retardateurs de flamme, des revêtements anti-froissement, des adoucissants et des agents améliorant les performances, ce qui modifie encore davantage le comportement des matériaux lors des processus de recyclage.
Le recyclage mécanique décompose physiquement les textiles en fibres par déchiquetage et retraitement. Bien qu'il soit largement utilisé, il raccourcit la longueur des fibres et réduit la résistance du matériau, ce qui rend les produits finis plus adaptés à des applications de faible valeur, telles que l'isolation ou le rembourrage, qu'à la fabrication de nouveaux textiles. Il n'est par ailleurs efficace que pour les tissus à matériau unique, qui sont de plus en plus rares dans les vêtements modernes.
Le recyclage chimique permet de décomposer les polymères en leurs composants chimiques de base afin de reformer de nouvelles fibres. Cependant, ces procédés sont souvent très énergivores, nécessitent d'importants apports chimiques et restent limités en termes d'évolutivité industrielle. De nombreux systèmes ont également du mal à traiter les textiles mélangés ou fortement traités.
En conséquence, une grande partie des textiles post-consommation échappe aux infrastructures de recyclage actuelles, ce qui contribue à un recours continu aux décharges, à l’incinération ou aux filières de « downcycling »